Mis à jour le 1er octobre 2026. Ce jeudi, le gouvernement a présenté en Conseil des ministres ses deux projets de budget pour 2027 : celui de l’État et celui de la Sécurité sociale. Rien n’est encore voté. Voici, simplement, ce qui nous concerne.

1. Nos pensions de base au 1er janvier 2027

Chaque année, la loi prévoit que les pensions de base suivent la hausse des prix. Pour 2027, le gouvernement propose de réserver cette hausse complète aux plus petites pensions :

Montant total de vos pensionsCe qui est proposé
Jusqu’à 1 260 € par moisHausse complète, au niveau de l’inflation
De 1 260 € à 2 034 € par moisHausse inférieure à l’inflation (taux pas encore connu)
Plus de 2 034 € par moisPension de base gelée : aucune hausse

Le seuil serait calculé sur l’ensemble de vos pensions, complémentaires comprises. Mais seule la pension de base serait touchée. Le gel au-delà de 2 034 € figure dans le projet selon les premiers comptes rendus du texte ; nous le vérifierons sur le texte officiel dès sa publication.

Un exemple. Avec 1 400 € de pension de base et 800 € de complémentaire, soit 2 200 € au total, la pension de base ne bougerait pas au 1er janvier. Selon l’inflation retenue (entre 1,6 % et 2 %), le manque serait d’environ 22 à 28 € par mois, soit 270 à 340 € sur l’année. Et ce manque se reporterait sur toutes les années suivantes, puisque les hausses futures partiraient d’un montant plus bas.

Ces chiffres sont des estimations : le taux exact de la hausse légale ne sera connu qu’en novembre.

2. L’abattement de 10 % sur nos impôts

Aujourd’hui, les pensions bénéficient d’un abattement de 10 % pour le calcul de l’impôt sur le revenu, plafonné à 4 439 € par foyer. Le gouvernement propose de ramener ce plafond à 3 000 €. Les pensions d’invalidité et les pensions alimentaires ne seraient pas concernées.

Seuls les foyers dont les pensions dépassent 30 000 € par an seraient touchés. Exemple : un couple de retraités qui touche 1 500 € par mois chacun (36 000 € par an) verrait son revenu imposable augmenter de 600 €, soit de 66 € à 180 € d’impôt en plus par an selon sa tranche.

Pour justifier cette mesure, le gouvernement avance que les retraités n’ont pas de frais professionnels et que leur taux de pauvreté est plus faible que celui des actifs. Mais une moyenne cache des réalités très différentes : beaucoup de petites pensions, souvent celles des femmes, et des frais de santé non remboursés qui augmentent avec l’âge.

3. Ce qui pèse aussi sur nous

Au total, environ 5,5 milliards d’euros d’économies seraient demandés aux retraités, dont 4,1 milliards sur la revalorisation des pensions.

4. Rien n’est joué

Le gouvernement le dit lui-même : il s’agit d’« une copie de départ qui mérite discussion ». Les députés commenceront l’examen du budget à partir de la mi-octobre ; le vote sur le budget de la Sécurité sociale est prévu le 27 octobre.

L’an dernier, les députés avaient déjà supprimé le gel des pensions, par 308 voix contre 99, et refusé la baisse du plafond de l’abattement. C’est maintenant que notre voix compte.

Ce qui reste à vérifier dans le texte officiel

Nous mettrons cet article à jour, et nous publierons une nouvelle analyse après le vote des députés.

Ce que chacun peut faire


Sources : projet de loi de finances et projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, tels que présentés en Conseil des ministres le 1er octobre 2026, d’après Le Monde (direct du 1er octobre 2026), Tripalio (1er octobre 2026), MoneyVox (30 septembre 2026), NosParlementaires (calendrier et votes de 2025).

La Voix des Retraités est indépendante de tout parti et de tout syndicat. Elle ne donne aucune consigne de vote.